Le poireau est un légume d’hiver qui a sa place dans presque tous les potagers. Il se conserve longtemps en terre, supporte le gel et offre une récolte étalée sur plusieurs mois. Mais pour obtenir de beaux fûts blancs, il faut respecter quelques étapes précises, du semis au buttage. Voici comment s’y prendre.

Quand semer les poireaux selon la variété

Le calendrier des semis dépend surtout du type de poireau que vous voulez récolter. Les poireaux d’été se sèment dès février sous abri chauffé, puis en mars sous châssis. Ils se récoltent de juillet à octobre. Les poireaux d’automne se sèment en mars-avril pour une récolte d’octobre à décembre. Les poireaux d’hiver, plus résistants au froid, se sèment en avril et mai et se récoltent de janvier à avril. Enfin, les variétés dites « baguettes » se sèment vers la mi-août, se plantent en octobre et se récoltent au printemps suivant.

Semer les poireaux : période, repiquage et entretien jusqu’à la récolte
Semer les poireaux : période, repiquage et entretien jusqu’à la récolte

En échelonnant les semis, vous pouvez avoir des poireaux quasiment toute l’année. Les semis de février ne sont possibles qu’en intérieur ou sous châssis chauffé. À partir d’avril, vous pouvez semer directement en pleine terre ou en pépinière.

Comment semer les graines de poireau

Tracez des sillons d’environ 1 cm de profondeur, soit en caissette, soit en pleine terre. Semez à raison de 2 g de semence pour 2,5 mètres linéaires. Recouvrez les graines de 0,5 à 1 cm de terre, tassez légèrement et maintenez le substrat humide jusqu’à la levée. La germination prend de une à trois semaines, à des températures comprises entre 10 et 23 °C.

Les jeunes plants doivent atteindre la taille d’un crayon avant d’être repiqués. Comptez environ 8 à 10 semaines après le semis.

Repiquer les poireaux : la technique de l’habillage

Le repiquage est une étape décisive pour obtenir des fûts blancs et droits. Avant de planter, il faut « habiller » les poireaux. Cela consiste à couper les feuilles et les racines sur environ 1 cm. Cette taille limite l’évaporation et stimule la formation de nouvelles racines. Laissez ensuite les plants sécher 48 heures au soleil : cela les rend moins sensibles à la teigne.

Creusez un sillon de 10 cm de profondeur dans une terre riche, bien ameublie et exposée au soleil. Espacez les poireaux de 10 à 15 cm sur la ligne, et de 25 à 30 cm entre les rangs. Utilisez un plantoir pour former un trou d’une dizaine de centimètres, déposez le plant, puis rebouchez avec un second trou juste à côté. Arrosez copieusement le sillon après la plantation.

Au nord de la France, on creuse parfois un sillon plus profond, à la hauteur d’un fer de bêche, pour enterrer davantage le fût et obtenir plus de blanc. La terre vient recouvrir les poireaux au fil des buttages.

Entretien courant : buttage, arrosage et paillage

Le buttage est l’opération la plus importante pour allonger la partie blanche du poireau. Ramenez régulièrement de la terre au pied des plants au fur et à mesure de leur croissance. Vous pouvez le faire au râteau ou à la binette. En butant, vous empêchez aussi la lumière de verdir le fût.

Arrosez uniquement après le semis et le repiquage. Ensuite, arrosez seulement en cas de forte chaleur ou de sécheresse prolongée. Un paillage au pied dès le mois de mai conserve la fraîcheur et limite les arrosages. Binez régulièrement pour aérer le sol et éliminer les mauvaises herbes.

Semer les poireaux : période, repiquage et entretien jusqu’à la récolte
Semer les poireaux : période, repiquage et entretien jusqu’à la récolte

Respectez l’axe de croissance du feuillage pour faciliter les passages entre les rangs. Gardez les feuilles coupées lors de l’habillage : disposez-les loin du potager, elles serviront de leurre pour la mineuse du poireau.

Maladies et parasites du poireau

Le principal ennemi du poireau est la teigne. Ce papillon pond sur le feuillage, et ses chenilles creusent des galeries jusqu’au fût, qui pourrit. Il y a deux à trois générations par an : d’avril à mai, de juin à août et de fin août à fin septembre. Pour limiter les dégâts, alternez les rangs de poireaux avec des carottes et du céleri. L’odeur de la carotte repousse la teigne, et celle du poireau éloigne la mouche de la carotte. Posez des filets anti-insectes d’avril à septembre. En cas de début d’attaque, pulvérisez une préparation à base de Bacillus thuringiensis.

Respectez une rotation d’au moins quatre ans avant de replanter des poireaux à la même place. Cela évite l’accumulation de maladies dans le sol.

Quand et comment récolter les poireaux

Comptez environ cinq mois entre le semis et la récolte. Pour arracher un poireau, enfoncez une fourche-bêche à côté du pied et soulevez par à-coups pour faire céder les racines. Ne tirez pas sur les feuilles, elles cassent. Si les poireaux sont gelés, laissez-les reposer dans un local non chauffé avant de les cuisiner.

Les poireaux d’hiver peuvent rester en terre plusieurs mois. Vous pouvez les prélever au fur et à mesure de vos besoins, même sous la neige. En fin d’hiver, si vous voulez libérer la parcelle, mettez les derniers poireaux en jauge : enterrez-les serrés dans une tranchée, racines et fût recouverts de terre, pour les conserver encore quelques semaines.

Le poireau se conserve quelques jours au réfrigérateur. Il se congèle aussi très bien après un blanchiment rapide.

Un conseil pour réussir : varier les variétés et les dates de semis

Le vrai secret d’une production continue, c’est de ne pas tout miser sur une seule variété. Semez des poireaux d’été en février, des poireaux d’automne en mars-avril, des poireaux d’hiver en mai, et des baguettes en août. Vous aurez des poireaux de juillet à juin de l’année suivante. Cela demande un peu d’organisation, mais le résultat est sans comparaison avec les poireaux du commerce, souvent filandreux et moins savoureux.

Ne négligez pas l’habillage et le buttage. Ces deux gestes, simples mais essentiels, font la différence entre un poireau chétif et un fût bien blanc. Et si la teigne vous inquiète, associez carottes et poireaux sur la même planche : une méthode qui a fait ses preuves bien avant l’invention des insecticides.