Vos jardinières ont encore belle allure, mais une gelée annoncée peut compromettre leur floraison de l’été prochain. Le mot « géranium » désigne souvent les pélargoniums des balcons, qui ne réagissent pas à l’hiver comme les géraniums vivaces du jardin. Pour choisir une méthode adaptée, observez la plante, l’espace dont vous disposez et la possibilité de lui offrir un endroit lumineux, frais et hors gel.
De quels « géraniums » s’agit-il ?
Les plantes à grosses boules de fleurs rouges, roses ou blanches que l’on voit souvent en jardinière sont généralement des pélargoniums. Dans le langage courant, on les appelle géraniums de balcon, mais le genre botanique Pelargonium est différent du genre Geranium. La Royal Horticultural Society distingue ces pélargoniums, dits géraniums tendres, des géraniums vivaces. Cette distinction change tout pour l’hivernage : les premiers craignent le gel, tandis que les vivaces sont destinés à rester au jardin.
Si votre plante porte des tiges souples et des ombelles rondes, c’est probablement un pélargonium zonal ou lierre. Les géraniums vivaces, eux, forment souvent une touffe, avec des fleurs à cinq pétales bien distincts. Dans sa fiche sur le pélargonium lierre, la Société nationale d’horticulture de France indique que ces pélargoniums sont sensibles au froid hors des secteurs côtiers doux et méditerranéens, et conseille de les rentrer à l’approche de l’hiver.
Cette page concerne surtout les pélargoniums en pot ou en jardinière. Si vous souhaitez parcourir d’autres conseils consacrés aux végétaux, retrouvez aussi nos sujets sur les plantes du jardin et de la maison.
Quel hivernage convient à votre espace ?
Pour un petit nombre de pots, le plus simple est de les garder entiers dans un lieu lumineux, frais, aéré et hors gel. Une véranda non chauffée, une serre ou une pièce claire peu chauffée peuvent convenir. Évitez une pièce de vie très chaude et sombre : la plante risque d’y produire des pousses pâles et fragiles, et le manque d’aération favorise les problèmes de pourriture.
Si vous avez beaucoup de plantes ou peu de place, vous pouvez préparer des boutures en fin d’été. Cette solution conserve de jeunes plants plus faciles à loger, au lieu de mettre à l’abri chaque grand pied. La troisième méthode consiste à sortir les plantes de leur pot et à les conserver racines nues dans un local hors gel. Elle demande davantage de précautions et convient surtout aux pélargoniums aux tiges robustes et ligneuses ; elle est moins fiable que l’hivernage en pot.
Le bon choix dépend aussi de l’état des plantes. Gardez les sujets vigoureux et sains ; une plante déjà affaiblie, malade ou très encombrante n’est pas forcément une bonne candidate à l’hivernage. Vous pouvez conserver un pied mère en pot et multiplier une variété appréciée par boutures, plutôt que de chercher à sauver chaque tige.
Comment préparer les pots avant de les rentrer ?
Attendez une période douce pour déplacer les pots, mais ne patientez pas jusqu’à ce qu’une gelée ait abîmé le feuillage. Retirez les fleurs fanées, les feuilles jaunes ou tachées et les parties cassées. Examinez le revers des feuilles et les tiges : mieux vaut écarter les nuisibles et nettoyer les débris avant de rapprocher les plantes d’autres végétaux.
Si le sujet est trop volumineux pour l’abri, la RHS conseille, pour les pélargoniums hivernés en conteneur, de rabattre les tiges à environ 10 cm. Cette taille réduit l’encombrement, mais elle n’est pas indispensable si vous avez la place de conserver la plante avec son feuillage. Utilisez un outil propre et coupez au-dessus d’un nœud, sans abîmer la base des tiges. Pour les boutures, la RHS propose de prélever des extrémités de tiges en fin d’été, puis de les faire raciner avant l’hiver dans un endroit bien éclairé.
La fiche de culture de la RHS détaille trois options d’hivernage et les soins associés : garder les pots sous abri, conserver de jeunes boutures ou tenter le repos racines nues. Pour cette dernière méthode, elle indique de laisser sécher les plantes dans un endroit hors gel, puis d’inspecter les sujets au début du printemps. Ne conservez que ceux qui montrent des signes de reprise ; réhydratez leurs racines avant de les rempoter.
Comment arroser et surveiller pendant l’hiver ?
Un pélargonium au repos consomme peu d’eau. Le substrat peut sécher entre deux apports, mais ne laissez pas les racines se dessécher complètement. Touchez la terre avant d’arroser, versez peu d’eau et videz la soucoupe : un mélange détrempé est plus préoccupant qu’une surface sèche. Les plantes qui restent en croissance ont besoin d’un suivi plus attentif que celles qui ont été rabattues.
La RHS recommande de contrôler au moins une fois par semaine les plantes maintenues en croissance et d’arroser si le substrat commence à sécher. Pour les sujets rabattus, elle indique qu’ils ont besoin de très peu d’eau jusqu’à la reprise. Aérez la serre ou la véranda lors des journées douces et espacez les pots pour que l’air circule. Retirez rapidement les feuilles qui jaunissent ou pourrissent et surveillez les tiges, surtout lorsque le local reste humide.
N’apportez pas d’engrais à une plante qui ne pousse pas : attendez que de nouvelles feuilles apparaissent au printemps. Pour des conseils sur une autre plante de balcon qui réclame aussi une protection hivernale, vous pouvez lire comment protéger un dipladénia pendant l’hiver.
Quand relancer la croissance au printemps ?
À la fin de l’hiver, examinez chaque pied. Des tiges fermes et des bourgeons qui gonflent sont de bons signes ; une base molle ou noircie évoque plutôt une pourriture. Retirez le bois mort et raccourcissez les pousses trop longues. Si les racines remplissent le contenant ou si le terreau est épuisé, rempotez dans un pot propre avec un substrat drainant.
Pour les boutures enracinées, la RHS indique un rempotage individuel en pots de 9 cm au milieu du printemps. Elle recommande ensuite de commencer les apports d’engrais liquide équilibré en fin d’hiver, tous les 7 à 10 jours selon les instructions du produit. Ce rythme concerne les jeunes plants en croissance et ne doit pas être appliqué mécaniquement aux plantes encore au repos.
Avant de remettre les pots dehors, habituez-les progressivement à la lumière et aux conditions extérieures. La RHS conseille de les endurcir, c’est-à-dire de les acclimater avant leur installation définitive, et d’attendre que le risque de gel soit passé. Une sortie par temps doux, dans un endroit abrité, permet de vérifier la reprise sans exposer d’emblée les feuilles à un changement brutal.
Et les géraniums vivaces ?
Si vous avez un véritable Geranium vivace, ne le rentrez pas comme un pélargonium de balcon. Ces plantes sont cultivées en pleine terre et beaucoup perdent leur feuillage en hiver avant de repartir au printemps. La RHS décrit les géraniums vivaces comme des plantes robustes dont le feuillage peut disparaître pendant la mauvaise saison. Laissez-les en place, en retirant les parties mortes si nécessaire, sans confondre leur repos naturel avec une plante en pot qui craint le gel.
Pour vérifier votre choix, regardez l’étiquette botanique si vous l’avez conservée : Pelargonium signale le groupe généralement à protéger du gel, tandis que Geranium désigne les vivaces rustiques de jardin. Si l’étiquette manque, la forme de la fleur et le port de la plante donnent des indices, mais ne remplacent pas toujours une identification certaine. En cas de doute, protégez temporairement le pot et demandez conseil avec une photo de la plante.
Questions fréquentes
À quelle température faut-il rentrer les géraniums de balcon ?
Ne vous fiez pas à une température unique pour toutes les variétés : l’objectif est de mettre les pélargoniums à l’abri du gel. Rentrez les pots avant les premières gelées annoncées, dans un local frais et lumineux si possible. La Société nationale d’horticulture de France recommande une serre ou un local frais et éclairé, avec des arrosages réduits. Évitez surtout un endroit froid et humide.
Peut-on hiverner un pélargonium dans une cave sombre ?
Une cave sombre n’est pas le meilleur choix pour une plante qui garde son feuillage et continue de pousser. Préférez un local lumineux, frais et hors gel. Si vous ne disposez que d’un endroit sombre, une conservation au repos peut parfois être tentée sur des plantes robustes, mais elle est moins fiable et demande une surveillance au printemps. Écartez les tiges qui pourrissent.
Quand ressortir les géraniums après l’hiver ?
Attendez que le risque de gel soit passé dans votre secteur, plutôt que de vous fier à une date fixe. Réhabituez ensuite progressivement les plantes à l’extérieur : commencez par quelques heures dans un emplacement abrité, puis augmentez leur exposition. Rentrez-les de nouveau si une gelée est annoncée. Cette transition évite de brusquer les feuilles formées à l’intérieur.



